Né en 1964 à Marseille, Jean-Christophe Béchet vit et travaille depuis 1990 à Paris.

Mêlant noir et blanc et couleur, argentique et numérique, 24x 36 et moyen format, polaroids et “accidents” photographiques, Jean-Christophe Béchet cherche pour chaque projet le “bon outil”, celui qui lui permettra de faire dialoguer de façon pertinente une interprétation du réel et une matière photographique. Héritier de la “photo de rue”, qu’elle soit américaine, française ou japonaise, il a choisi de ne pas abandonner le terrain du “document subjectif”, associant reportage et paysage, portrait et architecture.
Son regard sur le monde se construit livre par livre, l’espace de la page imprimée étant son terrain d’expression “naturel”. La place de l’homme dans le paysage contemporain, urbain, comme naturel, est au centre de ses préoccupations. Il poursuit en ce moment un travail sur l’identité européenne et développe en parallèle une série de longue haleine sur la haute montagne.

Il est représenté par la galerie « Les Douches, La Galerie » (Paris, 12ème)
Ses travaux personnels ont débouché sur plus de 50 expositions et l’édition de 12 monographies avec les éditeurs Marval, Filigranes et Trans Photographic Press

www.jcbechet.com

HIMALAYA

« Je ne suis pas un alpiniste, juste un marcheur. Après avoir longtemps sillonné les grandes villes, j’ai suivi les chemins de pierre qui s’éloignent des terres où vivent les hommes. J’ai voulu aller là où il n’y a plus d’arbres, de végétation, de fleurs, là où il ne reste que des pierres, de la neige et du vent. Dans cet univers rude et monochrome, j’ai trouvé un sentiment rare de liberté. Ce chaos minéral, vision brute de la Terre, m’a fasciné. JCB

Citation : ERRI DE LUCA, « sur les traces de Nives », Gallimard

« Ici un éboulement de pierres, une avalanche, sont des battements du temps de la terre et ils racontent que les montagnes ont une ère assignée et qu’elles se défont peu à peu. Celui qui entend une seule décharge de pierres tomber d’un flanc de montagne est témoin de leur effritement sans fin. »
Jean-Christophe Bechet_1

Né en 1986, Guillaume Bily se passionne très tôt pour la photographie de paysages et d’animaux sauvages. Durant quatre années, il étudie la photographie au lycée Etienne-Jules-Marey à Boulogne-Billancourt. A l’âge de dix-huit ans, il entre à l’agence BIOS tout en continuant ses études à l’université. Durant ces dernières années il a essayé de mettre en valeur les paysages et la faune, en tentant toujours de retranscrire l’ambiance mais aussi l’émotion ressentie dans ces espaces sauvages, parcourus au cours de longs voyages, principalement dans l’hémisphère nord (Scandinavie, Ecosse, Islande, Etats-Unis…).

Le noir et blanc a pris une place importante dans son travail aussi bien en argentique, avec de moyens et grands formats, qu’en numérique. En 2008, il est sélectionné au BBC Wildlife Photographer of the year dans la catégorie Noir et Blanc, et présente sa première exposition entièrement consacrée au noir et blanc en 2010 au festival de Montier-en-Der puis en 2011 à Namur. En 2013, avec Envol, consacrée cette fois-ci à l’avifaune européenne, il signe une nouvelle exposition monochrome pour le Festival de l’Oiseau. Le passage à la couleur était inévitable pour rendre compte des ambiances crépusculaires qu’il affectionne particulièrement, c’est ce qu’il fait avec Vers l’obscur, le résultat d’un voyage solitaire de quatre mois en Norvège. Cette exposition est présentée en 2013 à Namur puis à Montier-en-Der où il reçoit deux prix photographiques. Cette année, l’exposition était présentée au Festival de l’oiseau,   il y a reçu le grand prix du Festival.

www.guillaumebily.com

VERS L’OBSCUR

Il est une heure où le monde bascule vers l’ombre et le silence, et où les éléments se fondent dans des nuances bleutées se déclinant vers les profondeurs de la nuit. Le crépuscule est ce passage si délicat où tout se métamorphose, tant le paysage que le regard du voyageur, égaré dans la nuit, qui contemple en silence l’avènement du noir. Rivé sur la dernière lueur du jour, notre regard s’accroche aux formes mouvantes des nuages, aux silhouettes changeantes des arbres, s’égare dans les reflets, puis finit par se perdre dans l’obscurité… Vers l’obscur est le résultat d’un travail de plusieurs années sur le crépuscule et le noir. Cette exposition réunit ici une série de photographies crépusculaires prises durant un voyage solitaire de quatre mois en Norvège.

Guillaume Bily_1

Né en 1966 à Nantes, il pratique la photographie depuis 1998 et créé l’association « L’Autre » pour éditer le 1er numéro de la revue photographique noir et blanc du même nom en 2004. Il organise plusieurs expositions collectives avec l’association sur le département 32. Parallèlement, il collabore aux mises en scène de deux compagnies professionnelles de danse théâtre (création de bâches photographiques, projections..) et travaille aussi dans la communication avec ces mêmes groupes.

Depuis 2012, Bruno Blais a reçu plusieurs prix photographiques dont celui du meilleur paysage d’hiver lors du concours Vanguard en juin 2012 avec le magazine Réponses Photo.

www.artlimited.net/brunoblais32

LES UNS ET LES AUTRES

Cette forêt de montagne est particulière, très chaotique, difficile d’accès, secrète et envoûtante. A mes yeux, elle porte un mythe, une puissance d’histoire. A cet instant, je me retrouve face à la quintessence du conte, à la lisière du monde réel et imaginé, au plus proche de mes émotions d’homme.

J’essaye alors de capter l’âme des forêts, que ces photos s’imprègnent un peu de la richesse des matières de ce monde végétal, de sa poésie et de sa force immuable.

Bruno Blais_1

« 30 ans, originaire de Grenoble où j’ai grandi à la campagne. Je vis et travail à Montpellier mais voyage environ 6 mois cumulé par année. J’ai toujours fait des photos pour le plaisir, mais j’ai d’abord étudié le graphisme et l’imprimerie puis passé quelques temps à l’Ecole des Beaux-Arts. Assez jeune en parallèle j’ai d’été Directeur Artistique pour Freestyler Magazine (fr), puis Photo Editeur pour Method Magazine (eu) à Innsbruck. Je suis à présent Senior Photographe pour Onboard (eu) et Whitelines Magazines (uk) mais travail en indépendant depuis environ 9 ans avec une cinquantaine de publications et de nombreuses marques à travers le monde. Grand fan d’édition de bouquins et de magazines, je prépare une série de livres DIY fait-mains ainsi que d’autres projets personnels. »

www.mattgeorges.com

AVORIAZ – AUSTRIA

Je n’aime pas vraiment l’idée d’avoir un seul style car même si j’ai des préférences j’aime faire des essais et des découvertes. Je me sens plus proche des photographes de reportages qui saisissent ce qu’ils voient et ceux qu’ils croisent. Une fois les photos prises, j’aime travailler les textures des pellicules ou des films polaroids en utilisant divers procédés comme de la javel, du feu ou autre.

Matt Georges

Artiste auteur, né en janvier 1968 à Châlons-sur-Marne, illustrateur de formation (St.-Luc Bruxelles). Après avoir été officier dans l’Armée de Terre, Stéphane Hette retourne à ses premières amours : l’image. Autodidacte, il s’installe en tant que graphiste illustrateur indépendant en 1998. En 2005, lors d’une visite au festival de Montier-en-Der, Stéphane Hette découvre la photographie nature par hasard, à 37 ans. Après une année de tâtonnement, il développe une méthode de prise de vue du vivant qui lui est propre. Préservant l’environnement et l’intégrité de ses sujets, il réalise ses photographies sans autre moyen que la patience et la connaissance des espèces. Dès 2006, il poursuit en parallèle plusieurs projets qui se croisent parfois, “Colocataires” et “Les Ailes du désir”, qui donneront chacun matière à un livre chez Déclic Editions et à une exposition. Depuis 2008 les photographies de Stéphane Hette représentent à travers le monde le papier Fine Art du papetier français Canson. Titulaire de nombreux prix, il poursuit son inventaire poétique sur les papillons et développe son concept de nature de proximité avec “4m² nature”, un nouveau projet laissant une large place aux insectes et notamment aux papillons. En 2009, il participe à la fondation du magazine Nat’Images et de- vient membre de la rédaction avec la triple casquette de découvreur de talents, d’illustrateur et d’auteur de textes et d’images. à ce titre, ses photographies illustrent des articles de vulgarisation sur la nature, le plus souvent coécrits avec des scientifiques ou des naturalistes de terrain.

Stéphane est représenté par la Galerie Blin plus Blin depuis mai 2011.

“Art of Butterfly” a été exposé d’avril à juin 2013 à la Maison Européenne de la Photographie.

En octobre 2014 son livre “4m² nature” regroupant plus de 8 années de travail photographique sera publié dans la collection Art & Nature de Déclic éditions.

www.artofbutterfly.com

ART OF BUTTERFLY

« Par un jeu de lumière Stéphane Hette fait disparaître le fond, présentant ainsi le papillon en suspension dans un espace vide d’une blancheur immaculée et où les quelques brins de nature se rapprochent de l’Ikebana, art de l’arrangement floral japonais. Cet intervalle flottant serait l’environnement idéal que l’on ne pourrait obtenir à l’œil nu. Un idéal de pureté propice à l’observation de ce papillon.

Cette esthétique soignée invite ainsi à la contemplation et à l’émerveillement de la Nature. “Art of Butterfly” synthétise la préciosité du papillon ainsi que celle de la brièveté d’un instant. Une tension délicate se dégage entre la capture d’un moment éphémère et l’infinie beauté de la Nature. »

Leïla Simon (2013 pour la MEP extrait)

 

Stephane Hette_1

À l’automne 77, il me semble être née voyageuse.

Pendant 7 ans, je travaille dans le domaine de l’informatique. En 2005, je quitte ce milieu et un modèle de vie trop conforme pour me sentir en cohérence avec ma volonté de vivre « autrement », plus proche de la nature. Ma vie est alors devenue voyage. Un mode de vie itinérant qui allège du matériel pour donner un renouvellement continu au regard et à la réflexion. Mon attirance va pour la liberté des grands espaces et la solitude de la montagne. Sensible aux lumières et par les mouvements de la nature, j’ai trouvé mon moyen d’expression avec la photographie.

En 2009, je décide de commencer un « autre voyage » : celui de devenir ma propre expérience à travers de longs moments en immersion dans la nature pour retrouver le lien profond qui nous unis, pour me questionner sur mon propre lien avec la nature, les Hommes, la société. Mes photos sont nées de ces expériences en immersion dans la Nature. Je me plonge dans « ses racines » pour pouvoir la vivre, la ressentir et l’exprimer. Je pars me « couper du monde » à travers des voyages solitaires ou partagés, vécus au rythme de mes pas, lentement, en m’immergeant dans le milieu en autonomie par le bivouac. Lorsque je suis plongée longtemps en pleine nature, plongée dans ces immensités qui nous font perdre nos repères, mon rapport au temps change. Un phénomène de « lâcher-prise » apparaît, l’instinct se développe, le langage devient images, les ressentis et l’observation sont amplifiés. Des moments solitaires où je me retrouve seule face à la Nature et à moi-même. La nuit me fascine par son envoûtement vers l’imaginaire. Elle fut ma plus grande inspiration.

Immersions vécues dans les montagnes de France (principalement les Vosges où Cindy a choisi de vivre depuis cinq ans), en Sapmi (Laponie), Norvège, Islande. Pour partager ses expériences et ses ressentis et son rapport à la nature, la photographe réalise depuis plusieurs années des expositions et conférences dans les festivals internationaux : France, Italie, Belgique, Allemagne, Norvège.

www.cindyjeannon.com

AU PAYS DES FEES

En 2009, Cindy Jeannon décide de commencer une expérience en immersion dans la nature. Elle change de mode de vie et s’installe dans les moyennes montagnes vosgiennes. Depuis cinq ans, elle se plonge dans la nature pour retrouver le lien profond qui nous unis, pour se questionner sur son propre lien avec la nature, les Hommes, la société. Par la photographie et ses écrits, elle exprime et partage ses ressentis et ses questionnements.

Pas besoin de partir à l’autre bout du monde pour se sentir isolés. En hiver, certains endroits de montagne se retrouvent coupés des routes. Inspirée par les lieux désertés, la photographe part se plonger dans un monde de silence pour perdre ses repères, vivre le vent et la glace, ressentir les éléments, les laisser parler pour qu’ils infusent… et découvrir la porte du « Pays des Fées ».

Cindy Jeannon_1

Roxane est photographe, vidéaste et performeuse. Elle crée insatiablement depuis qu’elle a ouvert grand ses mirettes. Aux dires de sa famille, elle dansait avant même de marcher. Formée à la danse contemporaine et au théâtre, elle est autodidacte en photographie depuis l’âge de 17 ans. Après des études dans le secteur culturel à Paris, elle se lance progressivement dans la photographie d’art, de presse et de portrait et collabore notamment avec le journal Libération. Elle s’intéresse également à la vidéo et réalise des films de fictions ou expérimentaux. Passionnée par les phénomènes sociaux, son travail photographique s’articule autour des questions d’évolution et du changement d’état. Elle crée des mises en scène où des personnages se plient ou se délient, tentant de se libérer ou d’entrer plus encore en eux-mêmes. Elle développe depuis 2010 des projets de performances pluriartistiques, conçues in situ pour un lieu, qui sont à la frontière de l’installation et du spectacle, mêlant projection vidéo, chorégraphie et musique.

Née en 1977 en région parisienne. Vit et travaille à Nice.

http://www.roxanepetitier.com

MONTAIN SPIRITS

Roxane présente deux séries réalisées avec les guides de la Cie de Saint Gervais. Plongée surprenante au cœur d’un métier et des hommes, de leurs valeurs et de leurs mystères. Là, dans un univers empreint de magie, des visages et des paysages entrent à l’unisson, comme un prélude à un manifeste écologique. Ensuite, dans un abandon tranquille, ils entrent dans un étrange dialogue avec des objets familiers, faisant corps avec eux. Raquettes, cordes, crampons… sont détournés de leur fonction habituelle. Il en naît un décalage poétique, mêlé de douceur et d’une pointe d’humour.

Roxane Petitier-1

Né en 1991 et originaire de la région Rhône-Alpes, je m’intéresse à l’art et la vie sauvage depuis mon enfance. Plutôt curieux et toujours en quête de divers moyens d’expression et après avoir fait mes etudes dans une école d’art appliqué sur Lyon, je m’intéresse depuis 2010 à une autre forme d’art jusque la encore inconnue pour moi, la photographie. Cette passion s’est très vite transformée en fil conducteur dans ma vie. En 2012, je décide d’arrêter mes études pour me consacrer entièrement à la photographie. La nature m’inspire, je m’y sens bien, c’est pourquoi j’ai décidé de fusionner mes deux passions, l’art et la nature grâce à l’outil photographique.

www.bastienriu.fr

RENCONTRE D’ALTITUDE

Dans cette exposition, je vous invite à découvrir deux mammifères, symbole des massifs montagneux, le bouquetin des Alpes et le chamois. J’ai tenté de capter ces instants magiques où le ciel chargé rencontre le soleil, où la montagne s’éveille, ces moments où la faune s’anime elle aussi nous donnant à voir quelques instants intimes de leur vie. Ces instants magiques qui nous plongent dans un autre monde, un monde fait de mystère, de poésie, où nos sens sont en éveil.

Bastien Riu_1

Être né au pied du Jura sur les rives du lac de Neuchâtel a certainement été le déclencheur de la fascination que je porte à l’eau sous toutes ses formes et dans tous ses états. Elle est donc naturellement devenue l’un de mes sujets photographiques préférés. C’est ainsi que ces dernières années je me suis mis à voyager en quête d’océans, de mers de glace ou de fleuves aux chutes spectaculaires dans l’espoir de leur associer un phénomène météo ou une belle lumière. Capter, transcender les visions éphémères que la nature peut nous offrir est un leitmotiv permanent. Pour y arriver, il s’agit d’être à la bonne place au bon moment afin de tirer la quintessence de l’Instant.

www.oseydoux.com

NORGE, 70° NORD

Le travail que j’expose ici est la résultante de quatre voyages hivernaux sur les terres du roi des dieux Odin et de son fils Thor à la recherche des lumières septentrionales, appelées aurores boréales. Draperies de lumières dansantes dans la nuit tel une armée de Valkyries volant dans les airs à la recherche de héros tombés au champ d’honneur.

Les bases essentielles à l’observation de ce phénomène extraordinaire et à sa mise en valeur photographique furent rarement réunies. L’inactivité du soleil et/ou la couverture nuageuse obstruant les cieux nordiques ne nous permettant pas d’obtenir les images nocturnes espérées, il nous fallait tirer parti des paysages dans leur version diurne. Heureusement, dans ce cas, la combinaison était quasi parfaite ; océan, rochers, neige, reliefs acérés et nuages denses.

Ce travail est en quelque sorte la preuve que la photographie de paysage demande une sacrée dose d’abnégation tant les conditions pour réaliser les images rêvées sont difficiles à réunir.

« Début février 2012, approche de la pleine lune, l’avion pose ses roues sur le tarmac, nous voici une fois de plus en terre nordique, par 70° de latitude nord. La surprise est de taille lorsque nous sortons de l’aéroport dans la nuit polaire, alors que 60cm de neige immaculée recouvrait la ville à la même époque l’année précédente, nous voici face au noir. Noir du bitume… tout de même parsemé de tâches éparses de vieille neige grise mais ce n’est pas une consolation, loin de là.

Dès lors, nous comprenons qu’il faudra remettre nos exigences en question, enfouir nos images rêvées au plus profond de notre subconscient et partir sur ces nouvelles bases. Il va falloir commuter en mode « impro » et saisir la moindre occasion offerte, la chasse peut commencer.

Car nous sommes ici pour chasser les aurores boréales qui dépendent, elles, de l’humeur du soleil… Cette quête, source d’immenses désillusions et frustrations n’a pas d’autres pareilles en terme de satisfaction lorsque, enfin, tous les éléments veulent bien se conjuguer pour une représentation nocturne éphémère. »

« 2013, là-bas, en janvier, le gris n’était plus une couleur mais une épidémie… »

Olivier Seydoux_1

Kimola est un village minuscule dans le sud de la Finlande, il n’y a ni montagnes ni remontées mécaniques. J’ai grandi là-bas en pêchant la perche. Plus tard, quand la pêche à la perche avait fini de m’intéresser, j’ai croisé le chemin d’un skieur freestyle nommé Julien Regnier. Un peu plus tard encore, je suis venue m’installer en France. C’est alors que j’ai découvert les montagnes, le ski freestyle et la photographie. Julien m’a offert mon premier appareil photo. Avec son aide et les précieux conseils d’Eric Bergeri et de Stef Candé, je me suis mise à photographier les skieurs.

Plus de dix ans plus tard, je photographie toujours les skieurs et passe les hivers à me rouler, me geler et me marrer dans la neige. En 2008, avec les éditons Free Presse, j’ai eu l’occasion de rassembler quelques unes des images et histoires rencontrées sur les pentes enneigées dans un livre photo sur le ski freestyle, nommé Gravity.

En plus de skieurs en action, j’aime capturer des visages, des expressions. J’aime regarder, re-regarder, imaginer, fabriquer et photographier des scènes que j’ai imaginées.

www.elinaphoto.com

DU BLEU

Tout est comme prévu. Ou presque. Non, ce n’est jamais vraiment comme prévu, mais au moins une chose ne me trahit pas, le froid, toujours le froid. Je vise. Ils se préparent. Je vise. Encore, pour être sûre. Je fais la mise au point trois fois, puis, cinq de plus. Ca y est. Une ligne imaginaire vient se dessiner entre les ombres. Le soleil m’éblouit quand je lève la tête. J’aime bien quand ça fait ça. Je vise. Ca me paraît pas trop mal. La lumière arrive dans un angle qui la rend douce. Il y a plusieurs sortes de bleus. J’aime les ombres. Et les bleus. Je suis éblouie. Le froid est bleu aussi. Il est venu s’installer dans mes mains. L’attente me rend nerveuse. J’ai l’impression d’avoir oublié quelque chose. De faire la mise au point peut-être. De bien regarder la lumière en face pour savoir si elle va me jouer des tours. De me réchauffer les doigts pour m’assurer qu’ils vont coopérer. La lumière est bleue et elle me pince les yeux. Je vois d’autres lumières quand je les ferme ensuite, elles dansent. Je joue à ce jeu de lumières qui dansent un moment. Puis, ils disent ok. Je dis ok à mon tour et tremble d’agitation. Je vérifie tout encore une fois. Puis, je vois la vie dans un format rectangulaire. Elle est entrecoupée de passages noirs. Une ligne se dessine sur les formes douces dans un paysage en teintes bleues. J’oublie de respirer. Le soleil vient éblouir la neige qui s’envole. Et quand le mouvement s’arrête, les formes douces sculptées par les ombres bleues s’immobilisent et remplissent à nouveau la vue.

Elina Sirparanta_1_1

ETE 2017

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