Cette année notre artiste à résidence est Mathieu Farcy qui va travailler sur un projet questionnant le rapport que l’Homme entretient au paysage dans deux types de lieux : les belvédères et les infrastructures de haute montagne.

Mathieu Farcy :

Photographe après avoir été éducateur spécialisé, la question de la disqualification sociale anime toujours mon travail. J’ai l’ai abordée au travers de deux projets : un reportage avec les ouvriers en réinsertion de l’usine Le Relais, dans la Somme et un documentaire vidéo sur les ouvriers de Goodyear à Amiens, que j’ai filmés le mois suivant la fermeture de l’usine.

Les travaux que je mène autour du social cherchent à donner la parole lentement, en mettant en lumière les personnes au sein d’une problématique globale.

Parallèlement, mon parcours photographique est marqué par un travail autour du paysage. Depuis plusieurs années je photographie des panoramas, des points de vue, des belvédères. D’abord attiré par leur esthétique, j’ai ensuite approfondi cet a priori pour comprendre ce qui m’attirait dans ces endroits.

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Projet :

Paysages orientés est un projet questionnant le rapport que l’Homme entretient au paysage dans deux types de lieux : les belvédères et les infrastructures de haute montagne.

Ces infrastructures greffées orientent toutes deux le rapport au paysage. Ces lieux, dont l’intérêt est désormais attesté par le sigle « panorama » sur la carte routière, offrent au spectateur la certitude de la rencontre d’un paysage objectivement considéré comme beau.

Chacun y expérimente le paysage, tout en étant orienté tacitement : l’orientation des bancs, des garde-corps, des sentiers forcent le déplacement et le regard.

Les touristes ont-ils à faire un choix entre le paysage et l’infrastructure, ou se situent-ils toujours dans un entre-deux, entre la promesse du beau et la réalité du lieu ? Le garde-corps symbolise-il alors la protection entre un monde utilisable et le paysage à voir, immaculé de touriste ?
Dans ce « théâtre paysager » se jouent différentes saynètes, allant de l’oubli du lieu à l’engagement corporel contre le garde-corps.

Le regard pourrait lui seul devenir la possibilité d’une fuite, d’une inclusion au paysage, d’un plongeon.

ETE 2017

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